[Étude] Web et médias sociaux : où en sont les collectivités locales ?


YouTube, Instagram, Twitter, Facebook, LinkedIn, Snapchat… où sont déployés les régions, départements, métropoles, intercos, grandes, moyennes et petites villes de France ? Y a-t-il un lien entre le nombre d’habitants et de réseaux sociaux investis ? Quelle est la stratégie des territoires les plus agiles ? Décryptages d’une étude unique en son genre, rendue possible grâce à l’Observatoire socialmedia des territoires, et que je présenterai cette semaine au 30e forum Cap’Com de la communication publique et territoriale (live Facebook ici), en remettant des Hashtags d’Or.

 

 

En 2018, la présence des collectivités locales sur les réseaux sociaux se renforce, se professionnalise, et s’étend avec agilité à de nouveaux médias – Youtube, Instagram et LinkedIn notamment – en ne se limitant plus, comme c’était souvent le cas avant, au seul Facebook – même si ce dernier domine encore très largement tous les autres. Attention, il ne s’agit pas de « s’éparpiller », comme le rappelait récemment Marc Cervennansky, mais de mieux toucher ses cibles, là où elles sont, avec un positionnement et plan éditorial clairs. Cette agilité permet de diversifier son offre éditoriale, de mieux convaincre ses publics et, le Graal, de faire changer les comportements. Le dernier Baromètre de la communication locale (Harris/Epiceum) révèle en effet que l’information émise par la collectivité induit un changement de comportement pour 75% des personnes utilisant au moins 4 supports de la collectivité – contre 43% pour les personnes n’en utilisant qu’un seul. Vive l’ubiquité !

Après un travail de recensement participatif de plus d’un an et demi, effectué sur plus de 38.000 territoires, l’Observatoire socialmedia des territoires fait le premier état des lieux de cette présence digitale et révèle quelques “pépites territoriales“, à qui seront remises un trophée (#Hashtag), pour récompenser leur agilité. Mais les community managers le savent bien et on ne le répétera jamais assez aux autres : la seule chose qui compte, c’est d’avoir une stratégie et de savoir si vos objectifs sont atteints ! Ce prix est l’occasion d’en savoir plus sur ces collectivités agiles, en s’intéressant à leurs stratégies, leurs contenus et leur organisation, tout en valorisant les bonnes pratiques. Ainsi 78% de nos Hashtags d’Or ont formalisé leur stratégie digitale et leur plan éditorial socialmedia. Ils y consacrent de 0,5 à 4 équivalents temps plein (ETP). Il est loin le temps où Facebook était le gadget qu’on confiait au stagiaire : la plupart des grands territoires intègrent désormais les médias sociaux dans leurs plans de communication de crise et dans une stratégie éditoriale cross-média plus globale. Les plus éclairés animent des réseaux d’ambassadeurs ou travaillent avec influenceurs et Youtubeurs. Le terrain de jeu est de plus en plus participatif et la démarche se professionnalise : bravo !

« Avec 92% la part de Facebook est écrasante »

Pourtant, la vision la plus macro de l’étude n’est pas folichonne. Globalement, les collectivités locales ne sont que 10% à être présentes sur les réseaux sociaux et 44% à avoir un site internet. Cela se comprend, lorsqu’on sait que la France compte plus de 19.000 communes de moins de 500 habitants. L’outil recense donc, au total, 3918 collectivités locales déployées sur les médias sociaux. Sur celles-ci, la part de Facebook reste écrasante : 92%. On trouve même des petites communes qui n’ont pas de site internet, où le community manager de la page Facebook n’est autre que le Maire ! Loin derrière viennent Twitter (38%), Youtube (21%), Instagram (18%), Linkedin (8%) et Snapchat (1%). L’analyse par strates qui va suivre permet une vision plus pertinente : force est de constater que les Départements et les villes moyennes tirent très bien leur épingle du jeu. Ils trouvent, avec les médias sociaux, un moyen simple et direct de diffuser des informations positives peu reprises par la presse, de dialoguer avec les habitants, avec qui ils développement de nouveaux liens, et d’offrir de réels services à valeur ajoutée. On notera que plus le territoire est grand, plus il est déployé sur de nombreux médias sociaux. Enfin, il reste des marges de progression importantes pour les intercos, les petites villes (mono-Facebook)… et en Outre-mer !


Régions : portées sur l’innovation

100% des régions ont un site internet, 100% sont présentes sur les médias sociaux, et 100% sur Facebook. Elles sont majoritairement (55%) déployées sur 4, 5, 6 (et plus) médias sociaux. Juste derrière Facebook, on retrouve Twitter (94%) puis Youtube (78%), Instagram (61%), Linkedin (37%) et Snapchat (28%). Si l’on ne devait retenir qu’un chiffre, ce serait celui d’Instagram : 61% en 2018 contre 0% en 2015. En effet, lors de notre première étude sur la présence des collectivités sur Instagram, elles en étaient les grandes absentes. On peut dire que le choc de la fusion s’est souvent ressenti sur les médias sociaux, avec une période de “flottement 2.0″… Aujourd’hui les régions sont dans la place et gageons qu’elles progresseront encore ! En revanche, c’est l’échelon le plus présent sur Snapchat, avec près d’1 région sur 3 qui s’y déploie ; ce qui s’explique par la compétence des lycées. Elles rejoignent ainsi le club très fermé des 34 collectivités locales ayant investi ce média en France. Mais il n’y a pas que Snap : les régions n’hésitent pas à innover tous azimuts, ni expérimenter de nouveaux formats. Vive le “test and learn” !

 « En tant que jeune collectivité, nous devons faire connaître nos compétences à nos administrés et en quoi la Région les accompagne au plus près dans leur quotidien. Nous valorisons nos actions et ceux de nos partenaires en tenant compte des priorités fixées par le Président de la Région : emploi, numérique, territoires, Europe, jeunesse, mobilité… Selon les réseaux sociaux, nous avons défini plusieurs publics cibles et un plan éditorial est effectué hebdomadairement afin de mettre en place des actions sur les plateformes de réseaux sociaux où nous sommes présents.» Olivier CLAUDEL – Responsable pôle web et réseaux sociaux de la région Grand Est


Départements : au top !

100% des départements ont un site internet et 100% sont présents sur les médias sociaux. Les conseils départementaux sont très majoritairement (61%) déployés sur 4, 5, 6 (et plus) médias sociaux. C’est la strate territoriale qui récolte le plus de Hashtags d’Or et d’Argent, avec les villes moyennes. Adopté par 97% des départements, Facebook fait encore la quasi unanimité. Le réseau de Mark Zuckerberg est suivi de près par Twitter (84%). Puis Youtube (75%), Linkedin (66%), Instagram (54%) et Snapchat (4%). Devenu une sorte de “Facebook professionnel”, LinkedIn fait clairement son plus gros score sur cette strate avec 66% : le développement économique, les offres d’emploi du territoire, ou encore la marque employeur sont les positionnements éditoriaux les plus fréquents sur ce réseau professionnel, lorsqu’il n’est pas – comme hélas trop souvent – une simple “vitrine” statique. On s’étonne du faible score de Snapchat, malgré la compétence des collèges. Quoi qu’il en soit, nos Départements sont (d)étonnants !

 «Nos objectifs de com’ numérique : – faciliter l’accès aux droits et aux services – faire connaître les services publics rendus / l’action du Département – informer des initiatives départementales, des projets et dispositifs – interagir avec les habitants / développer un sentiment d’appartenance citoyenne – valoriser les équipements départementaux et structures d’accueil des publics.»  Camille ROUX-GRAVE  – Responsable du service multimédia du département du Val-de-Marne

« Nous travaillons la complémentarité médias, avec un pôle qui pilote, le print, le web, les réseaux sociaux la vidéo…. ce qui nous permet d’optimiser les ressources et d’avoir une approche transversale des projet/ sujets. Nous avons mis en place un outil de travail pour piloter la production, la stratégie. Ensuite, nous travaillons bcp sur les cibles, les communautés, avec un peu de budget pour adresser les bons contenus aux bonnes personnes, et aussi beaucoup de façon plus organique avec des interactions via CM. Et enfin nous travaillons bcp sur les contenus, augmentation de la vidéo, de l’illustration etc…»  Franck MENIGOU – Responsable marketing & médias du département de la Haute-Garonne

« Trois axes guident la stratégie du Département: informer les citoyens de l’actualité “institutionnelle , renforcer le lien avec les administrés et favoriser la concertation, renforcer l’attractivité territoriale. Notre stratégie sur les médias sociaux, fait partie d’un plan plus globale de refonte de l’écosystème digitale du Département avec la mise en place d’un nouveau site internet en début d’année 2019.»  David PESTE – Responsable stratégie et communication digitale du département de la Saône-et-Loire

« Notre stratégie web, tant notre site vitrine que sur les réseaux sociaux, repose sur la mise en avant de l’action départementale ainsi que de la valorisation du territoire autour de rendez-vous éditoriaux hebdomadaires : portrait de la semaine , chiffre clé, retour sur les déplacements de la Présidente du Conseil départemental, photo du territoire chaque week-end, covers Facebook./Twitter liés au plan de communication annuel...»  Nicolas BOCHAND – Chef de bureau communication digitale du département de l’Oise 


Métropoles : l’équilibre

100% des métropoles ont un site internet, 100% sont présentes sur les médias sociaux, et 100% sur Facebook. Elles sont 50% à être déployées sur 1 à 3 réseau social, et 50% sur 4 et plus : un déploiement que l’on peut qualifier d’équilibré ou de timoré, suivant son point de vue. Juste derrière Facebook, on retrouve Twitter (88%) puis Youtube (71%), LinkedIn (60%), Instagram (38%) et Snapchat (15%). On pourrait s’étonner du choix de cette grande métropole du sud de ne se déployer que sur Facebook, ou encore du score décevant d’Instagram. Pourtant, les Hashtags d’Or 2018 performent sur Instagram et produisent un travail de grande qualité. Pourquoi les autres ne s’en inspireraient pas ?


« L’ensemble des supports d’information print (magazines, éditions) et web (pure player d’info, panneaux numériques sur l’espace public, réseaux sociaux…), sont des éléments constitutifs d’un seul et même pluri-média spécialisé dans les politiques publiques municipales et métropolitaines répondant à des objectifs de communication : pédagogie, information, image (fierté), adhésion, confiance… Ces outils, qui ont chacun leurs objectifs, leurs cibles, leurs temporalité et leur rôle dans le déploiement global, sont animés dans une logique « social first » : les réseaux sociaux sont la première brique à partir de laquelle nous bâtissons des édifices éditoriaux mettant en action potentiellement l’ensemble de nos supports web et print. Dans ce cadre, un document synthétique « plan et projet éditorial » formalise les objectifs, champs d’action, cibles et principes éditoriaux propres à chaque réseau social.»  Benjamin TEITGEN – Responsable du service Information (print, web et éditions) de Rennes, ville et métropole.

« Notre ligne éditoriale est d’informer les habitants sur les événements et les initiatives qui dynamisent la vie locale. On ne partage que les infos positives et on ne partage pas les actualités des élus. Ils ont leurs propres comptes sur les RS pour assurer leur promotion. On dispose d’un planning de publication à la semaine qui est décliné au mois plus ce serait utopiste notre planning est en constante évolution (urgences, commandes…). On essaye diversifier l’info suivant les RS et surtout de varier le message puisqu’on chaque RS nécessite un ton ou une forme différente.»  Isabelle MODRY – Chargée de communication numérique de la ville et eurométropole de Strasbourg


Intercos : peuvent mieux faire !

Communautés d’agglomération, communautés urbaines, communautés de communes, EPT, etc… Un récent sondage montrait tout le paradoxe des EPCI : les Français y sont très attachés mais incapables de citer le nom de leur intercommunalité, et encore moins de sa/son Président(e). Ce manque de visibilité se traduit également par un grand vide sur les médias sociaux. Il y aurait pourtant matière à s’y déployer pour se rapprocher des citoyens et créer du lien. Là encore, plus la taille de la collectivité locale est grande, plus le déploiement est important, stratégique et structuré. 90% des intercos ont ainsi un site internet et seulement 20% sont présentes sur les médias sociaux. Facebook reste en tête, mais touche moins d’un EPCI sur quatre (19%). Derrière, Twitter ne dépasse pas la barre des 10%, et les autres médias sociaux restent confidentiels : Youtube 5%, Instagram 4%, LinkedIn 2% et Snapchat qui frôle le néant. Les deux intercos qui sont Hashtags d’or cartonnent pourtant sur ce média social n°1 chez les collégiens et lycéens : elles détaillent leurs stratégies et modes de fonctionnement dans l’étude. Bref, peut mieux faire !


« Information, réactivité, interaction sont les trois maîtres-mots de notre stratégie sur les médias sociaux. Quotidiennement, nous publions sur l’actualité du territoire : albums photos des chantiers, création d’événements, partage d’informations… L’Agglomération répond également à tous les commentaires, positifs ou négatifs, dans un délai de moins de 24h. L’idée est de créer un vrai lien avec les habitants et les visiteurs. »  Alexis ROUSSEAU-JOUHENNET, Directeur de la Communication de Châteauroux Métropole (Ville / Agglo)

Le mot du Président : « Les réseaux sociaux sont un élément essentiel de la Communication publique. J’en ai fait une priorité dans ma façon de valoriser notre action municipale, de répondre aux attentes des habitants et à leurs questions. Je gère la plupart du temps mes propres réseaux, aidés de mes collaborateurs. Garder un contact direct, en dehors des liens que je peux tisser au quotidien avec les habitants est essentiel. Ces échanges demandent de la rigueur, de la réactivité, et parfois du calme, mais également de la sincérité. Être vrai, dire les choses avec respect sont les éléments clefs pour assurer une communication numérique performante.»  Gil AVEROUS, Maire de Châteauroux et Président de Chateauroux Métropole

« Être présent là où sont nos cibles, et adapter notre communication en fonction du support… Il s’agit d’apporter des services aux citoyens en utilisant les outils modernes. Pouvoir être contacté par Facebook, Twitter ou autre, devient aussi important que de pouvoir être joint par téléphone. On se positionne également comme pivot des informations du territoire. On partage les infos que les associations publient sur leur compte, on reprend les informations majeures communiquées par la préfecture lors d’intempéries… ou de blocages… On retweet les messages valorisants pour le territoire, et on reprend dans nos stories les plus belles photos. On anime notre bassin de vie.» Pierre RENAUD, Responsable de la communication en ligne de la Ville et la Communauté d’agglomération de Saint-Dizier


Grandes villes : une longueur d’avance

100% ont un site internet, 100% sont présentes sur les médias sociaux, 100% sont sur Facebook, et quasiment autant sur Twitter (98%)… Les grandes villes (+ 100.000 habitants) ont pris leur essor depuis plusieurs années, et gardent une nette longueur d’avance. Cela se traduit par leur maturité digitale, la pertinence des stratégies déployées et l’envergure de leur présence socialmedia : 76% se déploient ainsi sur 4, 5, 6 médias sociaux et plus. La cote d’Instagram est également étonnante : 88% des grandes villes sont présentes. C’est le meilleure score d’IG, toutes strates confondues. Les autres médias sociaux ne sont pas en reste : Youtube (71%), LinkedIn (46%) et Snapchat (12%).

«La stratégie éditoriale s’appuie sur la complémentarité des médias de la collectivité avec une offre globale : magazines, sites et réseaux sociaux. En s’adaptant aux contraintes de chaque support, les contenus sont déclinés / partagés en fonction des cibles sur chacun des outils. Des passerelles sont également effectuées entre magazine, site et réseaux sociaux. Par exemple, le portrait d’un habitant paru dans le magazine est adapté en Story dans Instagram. À l’inverse des photos d’habitants partagées sur Instagram sont sélectionnées et mise en avant dans le magazine de la Ville. Sur le Web, certains contenus des sites sont rédigés exclusivement pour les réseaux sociaux et déclinés dans d’autres formats (vidéo, illustration, thread Stories) si besoin. »  Jean-Renaud XECH – Social Media Manager de la ville et métropole de Toulouse

«  Notre stratégie s’articule autour de trois axes principaux :
– relai de la politique municipale en matière de services aux administrés
– promotion et attractivité de la Ville
– mise en avant d’évènements culturels et sportifs »
Karim HADDOUCHE – Social Media Manager de la ville de Marseille


Villes moyennes : elles ont tout d’une grande !

99 % ont un site internet, 92% sont présentes sur les médias sociaux: les villes moyennes (de 20.000 à 100.000 habitants) tirent très bien leur épingle du jeu. Un peu moins agiles, elles sont toutefois majoritairement (60%) déployées sur 3 médias sociaux et plus mais 15% font de la résistance en étant “mono réseau”. Trois sur 4 aiment Facebook (89%) et 2 sur 3 gazouille sur Twitter (69%). En dessous de la barre des 50% on retrouve : Youtube (49%), Instagram (43%), LinkedIn (22%) et Snapchat (5%). Force est de constater qu’elles affichent une grande vitalité et que ce sont les plus nombreuses à recevoir un Hashtag d’or, pour 5 d’entre elles, et d’argent. Le travail de beaucoup de ces villes est remarquable, il y a de l’innovation, de la maîtrise et de l’audace.

« Une stratégie éditoriale est définie pour chaque média. Tous les événements de la ville sont relayés, le plus “live” possible, sur Facebook et Twitter, avec plusieurs publications quotidiennes. Sur Facebook, événements et jeux concours sont lancés régulièrement pour générer de l’animation sur la page. Notre politique multimédia est très développée et principalement axée vers la vidéo. Sur YouTube, nous publions donc de manière hebdomadaire nos clips vidéos, ainsi que les éditions de notre Web TV. Sur Instagram, uniquement de beaux clichés, pas de visages mais plutôt des instants de vie. Sur Snapchat, nous donnons la main aux jeunes du service Jeunesse pour qu’ils l’animent directement sur certains événements clés. Pour LinkedIn, nous relayons les offres d’emploi et autres infos RH. » Julia SALAVAGIONE – Directrice de la communication de la ville de Garges

« En privilégiant la vidéo, notre stratégie propose des contenus différents en fonction de chaque réseau social : – des infos municipales en priorité sur Facebook (+ un groupe avec l’agenda) – des infos plus professionnelles sur Twitter (emploi, commerce, zéro déchet…) – des photos sans lien avec l’actualité et garanties sans élu sur Instgram (+ stories adaptées au public plutôt féminin) – des stories adaptées au public jeune sur Snapchat – quelques lives de gros événements sur Periscope (environ une par mois) – deux ou trois vidéos par mois sur Youtube (retours sur événements…) – des articles de la presse spécialisée sur Linkedin»  Simon SEREUSE – Community Manager spécialisé dans la vidéo mobile de la ville de Roubaix

« À une époque où l’on a les yeux de plus en plus rivés sur nos écrans, il s’agit de parvenir à capter l’attention des citoyens. C’est aussi un enjeu de transparence. Et si nous parvenons à concerner le citoyen dans la vie municipale de sa commune, c’est ainsi que nous pourrons « refaire communauté » pour reprendre les termes du Maire. Une journée type des différents comptes de la ville s’organise ainsi autour de trois axes : l’information municipale et la promotion de notre commune ; l’information aux habitants et le rayonnement de la ville à l’international en quelque sorte. Le fameux « village mondial », duquel nos réseaux sociaux doivent être le reflet.»  Benjamin CERULLI – Responsable du contenu digital de la ville de Cannes

« La stratégie est montée et menée par le community manager. Elle s’est déployée en plusieurs étapes. La 1ère était la création d’identité, avec un benchmark et un inventaire de ce qui existait déjà. La 2e, la création d’une communauté avec le déploiement de la communication sur plusieurs réseaux sociaux, et une analyse complète au niveau des cibles. En 3e, la création d’outils à l’écoute des habitants… On leur donne la parole notamment avec la création d’une boite à idée. Nous en avons d’autres, mais ce sont les étapes les plus importantes que nous avons menées. » André DE SOUSA, Community manager de la ville de Mâcon

« Notre stratégie sur les réseaux sociaux se veut résolument proche de notre audience. Nous interpellons les gens, nous leur demandons leur avis, nous leur faisons reconnaître des endroits emblématiques de la ville pour mobiliser leur engagement et commencer une discussion. Le patrimoine, l’événementiel et la culture sont des éléments importants de notre stratégie. Chaque réseau social a sa propre charte éditoriale. Facebook : relaie les événements, publie des photos de patrimoine, met en avant les habitants, les commerçants de la ville. Instagram : met en avant le patrimoine et la contribution de l’audience. Twitter : relaie les événements institutionnels, les inaugurations, les grands événements de la ville. Linkedin : relaie les actualités économiques de la ville et de ses entreprises ainsi que les offres de postes. Nous avons aussi des réseaux pour la salle de spectacle de la commune et le Musée. » Cyrielle POQUET – Community Manager de la ville de Romans-sur-Isère


Petites villes : dur, dur !

Mécaniquement, c’est la catégorie la plus importante dans notre fichier et la moins déployée sur le web. Seulement 41% des petites villes (de 1 à 20.000 habitants) ont un site internet, et 9% sont présentes sur les médias sociaux. Leur présence est très majoritairement (66%) limitée à un seul média social. Sans surprise, il s’agit de déploiements mono-Facebook pour les deux tiers Vs un dernier dernier tiers, dans lequel on trouve des petites communes qui n’ont fait le choix de n’être que sur Twitter, ou encore que sur LinkedIn. Certaines ont même fait le choix du “tout Facebook” en se passant de site internet. Et les posts des pages Facebook sont souvent signés par le maire. Beaucoup de ces petites villes ont aussi des pages tenues par des habitants passionnés, mais nous ne comptabilisons ici que les officielles. Sur la masse des petites villes donc, le taux de pénétration est au plus bas : Facebook caracole en tête avec seulement 7%, suivi par Twitter à 3%, le reste fluctuant entre les tranches hautes et basses des scores de Jacques Cheminade aux différentes élections présidentielles 😉

« Les villes de 10 à 20.000 au niveau des villes moyennes »

Il faut croiser ces chiffres avec une assiette restreinte et pertinente, pour avoir un point de vue plus éclairant : en effet, si on analyse la sous-catégorie des villes de 10.000 à 20.000 habitants, les résultats sont très différents ! Ainsi 96% de ces “grandes petites villes” ont un site internet et 81% sont sur les médias sociaux. Elles sont déployées sur Facebook à 77% (Vs 7% au total !), Twitter 53%, Youtube 27%, Instagram 21%, LinkedIn 8% et Snapchat 1%. C’est le jour et la nuit avec l’ensemble de la catégorie, même si elles restent très majoritairement (65%) déployées sur 1 à 2 médias sociaux. Les primés Hashtags d’Or et d’Argent ont d’autant plus de mérite : l’une de ces petites communes a moins de 10.000 habitants, consacre 0,5 ETP aux médias sociaux et arrive à être déployée sur Facebook, Twitter, Youtube, Instagram, LinkedIn et Snapchat : comment fait-elle ? Pour connaître tous leurs petits secret, lisez l’étude complète. Sans “spoiler”, je peux vous en confier un : c’est dur !

« Depuis 2012, j’étais seul aux manœuvres, élu en charge de la communication web de la ville, j’ai lancé la présence sur les réseaux. En septembre dernier, la ville a recruté un agent supplémentaire au service com, qui assure un renfort pour les réseaux, d’une quinzaine d’heures/ semaine. Des contenus plus riches, des interviews etc… Une forme plus journalistique. Pour moi la priorité fût une multiplication des supports de communication afin de toucher un public de plus en plus large, adapter notre discours aux différentes cibles et surtout de les faire participer, de les écouter. Un mix de contenus pour un public intéressé. Si on ne parle que de l’action municipale, le public n’accroche pas. Aujourd’hui, nos échanges sont horizontaux, il n’y a plus d’intermédiaires, l’usager veut une réponse rapide. »  Fabien LAMBERT – Community manager de la ville de Baugé-en-Anjou

Le mot du Maire : « Les réseaux sociaux sont devenus des outils indispensables pour les collectivités, y compris les rurales. Nos citoyens sont demandeurs de plus en plus d’informations ! Les rencontres citoyennes que nous avons organisées démontrent que les habitants méconnaissent parfois les actions municipales ou ignorent que tel projet est porté par la ville. De même, les élus ont besoin d’avoir des retours rapides sur les actions engagées ou les projets en cours de préparation. Les réseaux sociaux permettent de remplir ces objectifs – de manière simple et directe, mais surtout rapide. Selon le réseau utilisé, le public touché n’est pas le même. Nous devons donc nous adapter. Ainsi nous avons créé une page Snap et un compte Instagram pour toucher les jeunes et nous continuons à utiliser le compte Facebook pour toucher un public plus familial ; le compte Twitter étant davantage réservé aux actions institutionnelles. Notre collectivité de 12 300 habitants a renforcé son équipe communication avec un agent spécialement dédié à cette communication “réseaux”, et qui complète une équipe composée d’un agent et d’un élu. Les élus sont également sollicités pour alimenter ou relayer. » Philippe CHALOPIN – Maire de la ville de Baugé-en-Anjou

« Nos stratégies sur les médias sociaux évoluent sans cesse en fonction des pratiques, des usages, des réseaux utilisés et des différents publics à atteindre. Notre positionnement et notre plan éditorial s’attachent à informer, expliquer, relayer, exposer, défendre, surprendre, distraire… Nous privilégions Facebook et Twitter. Même si Instagram nous permet d’entrer en relation différemment, avec une ligne éditoriale plus marquée et remarquée. »  Olivier GOUJON – Chargé des relations numériques, responsable nouvelles technologies de la ville de Louviers

« Nous disposons d’une stratégie formalisée sur les médias sociaux et d’un plan éditorial. Nous alternons les contenus en privilégiant les publications des actualités de la ville, de tout ce qui touche à la vie quotidienne des habitants mais aussi de belles photos, ou de photos amusantes, pour augmenter le taux d’engagement et fidéliser notre audience. »  Anne-Dominique GROELLY – Directrice de la communication de la ville de Paray-le-Monial

 


 

Alors, faut-il être sur 3, 4 ou 5 médias sociaux ? Vous l’avez compris, il n’y a pas de règle, si ce n’est celle de trouver le bon « mix média » pour atteindre des multiples objectifs, toucher différentes cibles, et savoir en mesurer les résultats, sans s’éparpiller. Autrement dit, l’essentiel est de s’appuyer sur une stratégie forte, un plan éditorial efficace, et des KPI’s bien choisis. C’est le cas pour 78% de nos Hashtags d’or primés, et sans doute cela le plus rassurant !  

Autre question posée à nos primés, qui en intéressera beaucoup : quel équivalent temps plein consacrent-ils aux médias sociaux ? Les réponses varient de 0,5 à 4 ETP. Dans une optique de benchmark, nous avons voulu aller plus loin pour comprendre quelles étaient leurs stratégies, leurs cibles, mais aussi leurs contenus, leur fonctionnement, leur ambition… Découvrez-les, le 6 décembre 2018, de 11h à 12h30, au forum de la communication publique organisé par Cap’Com à Lyon, et en live sur la page Facebook de l’Observatoire. Et retrouvez-les dans l’étude complète. 

En tous cas, quel bond ont fait les collectivités locales, depuis l’étude Adverbia de 2012 – où je n’analysais que Facebook et Twitter sur les grands territoires. Force est de constater que, 7 ans plus tard, le secteur public a bel et bien pris le train du web social et participatif !

 

Retrouvez cette étude, des cartographies sur la présence des collectivités locales, un outil pour analyser la performance sur Instagram, des ressources pédagogiques, et des articles des experts des territoires sur MyObservatoire : tout est gratuit, et vous n’êtes pas le produit !


Voir aussi…

♥ La photo des Hasthags Or et Argent (voir l’album FlickR de Cap’Com) :


Prix de l’Observatoire socialmédia des territoires – Hashtags Or et Argent 2018 – 30e forum Cap’Com – Crédit photo Cap’Com – JC Dortmann


♥ Les meilleurs moments sur Twitter :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

♥ Le support de l’atelier Cap’Com (synthèse de l’étude et Hashtags d’Or et d’Argent) :


AT17 etude observatoire-territoires_#capcom18
from Cap’Com

♥ L’article de la Gazette des Communes (décembre 2018)

♥ L’article du magazine Brief (décembre 2018)


[Brief] “Des petites collectivités rivalisent ou font mieux que les grandes”
from Franck Confino


♥ Le live Facebook de l’atelier Cap’Com :


Logo CC BY Logo CC NCLogo CC ND
Méthodologie, atouts et limites de l’étude

L’étude est sous licence Creative Commons Paternité (CC BY), comme cet article. Elle sera disponible en intégralité sur le livre blanc de l’Observatoire socialmedia des territoires, en accès gratuit, sur inscription. Vous en retrouverez l’essentiel ainsi que de nombreux extraits, notamment sur le blog collaboratif de l’Observatoire, dans la newsletter Cap’Com et le magazine Brief. C’est la seule étude qui analyse la présence de toutes les collectivités locales sur les médias sociaux en France, et la première à s’intéresser aux intercommunalités (EPCI) ou encore aux moyennes et petites villes. Seuls les comptes officiels gérés par les collectivités locales sont recensés. Les données ont été saisies de manière participative, par les membres de l’Observatoire socialmedia des territoires et les collectivités locales : malgré tous nos efforts pour vérifier chaque contribution, des marges d’erreur sont possibles et il reste des comptes non identifiés. Vous pouvez vérifier ici si les médias sociaux de votre collectivité sont bien renseignés. Il faut enfin savoir que l’Observatoire socialmedia ne recense que les six médias sociaux dont il analyse la performance mais qu’il en existe des centaines d’autres : autrement dit, les Dailymotion, Pinterest et autres Tik Tok ne sont comptabilisés ici.

Hashtags d’Or

Dans une optique plus orientée “benchmark” que “récompense”, l’Observatoire remettra pour la première fois des trophées “Hashtags 2018″ aux territoires les plus agiles, révélés par l’étude ; ceux déployés sur 6 (Or), 5 (Argent) ou 4 (Bronze) de ces médias sociaux. Seules 20 collectivités locales sur les 38.000 étudiées ont atteint le niveau “Or” : 1 région, 4 départements, 2 métropoles, 2 intercommunalités, 3 grandes villes, 5 villes moyennes et 3 petites villes. Nous avons voulu en savoir plus sur leurs stratégies et les mettre à l’honneur mais les Hashtags d’Argent ou de Bronze sont tout aussi remarquables. Elles sont 133 à obtenir ainsi un “Hashtag d’Argent” et 250 à atteindre le niveau “Bronze”. Cette sélection est issue de l’outil mis en place par l’Observatoire socialmedia des territoires, sans mobiliser aucun jury ; celle-ci ne remet nullement en cause la qualité du travail des collectivités qui n’y figurent pas. 

 

A vous la parole !

déclarations qui seront retenues contre vous :

Consultant indépendant | Digital lover | Communication publique et corporate | Auteur, formateur et conférencier | Fondateur de l'Observatoire socialmedia des territoires | Membre-fondateur DébatLab | Ex directeur agence Adverbia et blog-territorial

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